La performance: oui, mais au service du client

Performance film OPV

Pierre Guichard, la course à la performance est très présente dans le secteur du photovoltaïque et tous les acteurs communiquent sur leur taux de rendement. En tant que responsable RDI et Industriel chez ARMOR, pouvez-vous nous en dire plus sur sa méthode de calcul ?

Le calcul du rendement ou PCE (Power Conversion Efficiency) correspond à la capacité d’une surface photovoltaïque à absorber et transformer une quantité de lumière (photons) en électricité (électrons). Le référentiel correspond à la moyenne d’irradiance reçue par la terre au cours d’une année, soit 1000 watt/m2. Il est toujours exprimé en pourcentage. Par exemple si une surface photovoltaïque a un PCE de 8%, cela correspond à 8% de 1000 watt/m2. La surface a donc un rendement de 80 watt/m2.

La mesure peut porter soit sur une cellule, élément de petite taille principalement développé en laboratoire soit porter sur un module, élément beaucoup plus grand car composé de plusieurs cellules connectées entre elles. Bien sûr les rendements varieront  significativement en fonction de l’élément photovoltaïque mesuré.
Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, le rendement d’un module de deux cellules ne correspond pas à l’addition du rendement de chaque cellule. En raison des phénomènes d’interconnexion entre cellules certaines zones ne sont pas actives et entrainent une perte de rendement. Le PCE d’un module est toujours plus faible que celui d’une cellule... mais plus fidèle à la réalité client surtout.
 

Quel a été votre choix, ARMOR, dans vos travaux quotidien ?

Notre postulat est de toujours raisonner sur l’applicatif. Nous nous plaçons toujours du point de vue du client et ce qui l’intéresse c’est de connaitre la puissance dont il va véritablement disposer quand il utilisera le module en application. C’est pourquoi nous communiquons sur des PCE qui portent sur le module dans sa surface totale, y compris les surfaces non actives d’un point de vue photovoltaïque. Le PCE module, c’est le PCE vraiment disponible pour le client et ça c’est essentiel.

Où en êtes vous actuellement en termes de performance ? Et comment jugez-vous les avancées réalisées par le Beautiful Light Project© au cours des deux dernières années ?

Nous travaillons toujours pour atteindre 4% de PCE module à la fin de l’année et au-delà pour 2015 De nombreux défis ont été relevés par le Beautiful Light Project© sur une période très courte de deux ans. Alors que notre métier d’origine, les consommables d’impression, ne laissait pas forcément présager de notre percée dans la technologie de film photovoltaïque organique (OPV), nous sommes parvenus à mettre en service des équipements spécifiquement conçus pour cette technologie. Nous produisons nos premières cellules et nos premiers modules dont les rendements sont semblables à ceux obtenus par les meilleurs laboratoires travaillant sur l’OPV depuis de nombreuses années.
Dans le même temps, nous avons étoffé nos équipes, intégré des compétences. Se dire qu’en si peu de temps nous avons réussi à franchir toutes ces étapes c’est positif, mais c’est loin d’être la fin !
 

Quelles sont les prochaines grandes étapes pour le Beautiful Light Project© ?

Continuer à progresser sur le PCE est un axe de travail important Mais  ce n’est pas le seul. Nous travaillons énormément sur l’accroissement de la durée de vie de nos modules pour que performance rime avec endurance!